restes de dentelles
par florencebenedettigall
Lundi
Opaques nuits tissées
Fenêtres visages béton
Silences coulés de plomb
Mots morts mots emmurés
Mardi
Danse, dit-elle,
Danse
Ton souffle
Invente
Une lueur
Echelle infime
Tes notes filent
Les mots s’évident
Oscille le ciel
Et tu respires
Mercredi
Filets dans l’arbre miroir
Des racines ciselées
Aux découpures du ciel
Toute lumière se dentelle
Mirages d’arabesques, mille chants ajourés
Pour un vitrail d’éclaboussures
Et toi
Au cœur de l’écheveau fou
Tu souris
De désirs multiplié
Jeudi
De rire en place
De soir en glacier
Caverne en peuplier
De planche en écume
Nuage en phrase
De sourire en pavot
De chant en ruisseau
D’annulaire en chemin
Emue tu jettes tes mots
Danse, dit-elle,
Danse
Vendredi
Au carrefour tu dévies
La voix crisse la voix ment
Mots de sang mots déments
Les chemins clos t’enserrent
Tu te tais tu te terres
Tu délires tu t’enfermes
Enfer tien ton enfer
Et la toile t’effraie
Dense dense
Trop dense
Samedi
Silence
Corps silence
Sur les pierres aux mains mortes
Immobile mémoire
Les blessures de tous crient
Dans le lin séchées
Temps opaque
Attente
Plus loin
A peine un frisson
Souffle
A la surface de l’aube.
Dimanche
Le fil d’or tient ta main
Le fil rythme ton souffle
Le fil écrit ta vie
Danse, dit-elle, danse
Viens deviens dentelle
Mots sur les prairies
Cris dans les eaux vives
Gestes courses mélodies
Et courbes de caresses
Dans la lumière
pleine
Danse, dit-elle,
Danse