Balbuciendo

by florencebenedettigall

Le mot de Michèle Finck, que j’aurais du écrire d’autre manière, vibre à travers tout son ouvrage, l’enfance, la mort, la mémoire, et les syllabes qui se déroulent étrangement, comme venant d’une autre voix, celle qui raconte la magie du « petit piano de paille », du « petit piano de paille du père » , et le « balbuciendo » au timbre lointain, et en même temps présent dans l’expérience même, du souffle, des cordes vocales touchées, de la couleur des mots qui sortent, doucement certes, avec l’émotion de l’essentiel … musique liée au souffle même; par ailleurs, dans cet accès à l’essentiel, la musique devient violente, parfois si violente que le lecteur se surprend à revenir en balbutiant aux mots premiers, humbles, réduits, comme pour retourner au silence, ou au « juste après » le silence. Balbuciendo.

« 

Tremblement
sur le piano noir
d’un flocon de neige. »

Balbuciendo p 76