Mots de glycine

voyage

by florencebenedettigall

Je retrouve ce beau texte de Claude Esteban :

Le soir venu, on se prépare pour un voyage
qui n’aura jamais lieu puisque bien sûr on ne part pas
mais c’est quand même chaque soir un moment
trés extraordinaire car avant de tout quitter il faut
mettre en ordre sa maison et chacune de ses pensées
qui prenaient tant de place et n’en garder qu’une
ou deux, les plus légères, pour son bagage.

by florencebenedettigall

On avance dans les broussailles, devinant la présence de l’eau, on rejoint un autre, un autre encore, peu reconnaissables de dos dans la pénombre, on arrive ainsi vers le ponton, on rejoint le groupe chuchotant, dans la douceur de ne pas être seul. On ne sait pour quel départ, on sait juste que quelqu’un part, d’ailleurs on entend le bruit régulier de rames, une barque se rapproche. Elle sera bientôt le long des planches du ponton.

J’entends la musique de René Char:

Berceuse pour chaque jour jusqu’au dernier.

Nombreuses fois, nombre de fois,
L’homme s’endort, son corps l’éveille;
Puis une fois, rien qu’une fois
L’homme s’endort et perd son corps.

J’ai retrouvé cette berceuse, septième des « Neuf merci pour Vieira Da Silva » dans « La bibliothèque est en feu et autres poèmes »