par florencebenedettigall

On avance dans les broussailles, devinant la présence de l’eau, on rejoint un autre, un autre encore, peu reconnaissables de dos dans la pénombre, on arrive ainsi vers le ponton, on rejoint le groupe chuchotant, dans la douceur de ne pas être seul. On ne sait pour quel départ, on sait juste que quelqu’un part, d’ailleurs on entend le bruit régulier de rames, une barque se rapproche. Elle sera bientôt le long des planches du ponton.

J’entends la musique de René Char:

Berceuse pour chaque jour jusqu’au dernier.

Nombreuses fois, nombre de fois,
L’homme s’endort, son corps l’éveille;
Puis une fois, rien qu’une fois
L’homme s’endort et perd son corps.

J’ai retrouvé cette berceuse, septième des « Neuf merci pour Vieira Da Silva » dans « La bibliothèque est en feu et autres poèmes »