Mots de glycine

Mois : janvier, 2014

écrire encore

by florencebenedettigall

Grâce à Poezibao je trouve le 13 janvier des mots qui me conviennent fort, sur l’écriture, la nécessaire écriture.
C’est extrait du recueil FLAQUES d’Antoine Emaz:

« Le principe est bien celui-là : à un instant précis, du vif se cristallise en mots et invente sa forme. »

 » Ecrire s’enracine dans un certain nombre de hantises profondes. Même si l’oeuvre bouge un peu, c’est toujours pour finalement retourner à ces points d’ancrage qui font l’identité de l’auteur. En théorie, on peut écrire sur n’importe quoi. En pratique, on n’écrit que sur ce qu’il est nécessaire d’écrire. Le reste passe sous silence, ne retient pas la main, ne s’impose pas. »

Je retravaille sur deux séries de textes anciens, et  » le vif se cristallise » étonnement.DSCF0253

une virgule

by florencebenedettigall

Une très légère démangeaison à la base du cou, et un doux engourdissement il passa sa main gauche sur la zone étrangement présente : du duvet, il le sentit, du duvet lui poussait sous la nuque, s’installait au départ de chaque épaule, gagnait les avant-bras jusqu’aux coudes. Une bonne chaleur l’envahissait, il comprit qu’il était en train de vivre un moment essentiel. Le duvet très blanc s’épaississait dans le dos,des ailes lui poussaient ! Aucun tiraillement, douleur aucune…un temps de pur délice. Il devenait ce qu’il avait toujours rêvé d’être. La fenêtre était ouverte, il en profita, s’élança sans la moindre appréhension, naturellement, et disparut dans la neige première. Ne resta de lui, sur le rebord de la fenêtre, qu’un fin duvet, comme une virgule.
C’était le 6 janvier, et il neigeait depuis cinq heures dans le silence d’hiver.

temps de début

by florencebenedettigall

d’abord ce serait un infime craquement, un reflet en fuite, une caresse d’air, puis sur la neige peut-être, ou la toile, ou le matin, juste la calligraphie du passage de l’oiseau
après, la vie pourrait reprendre, sans pause, mais avec des silences ouverts

 

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