Mots de glycine

Mois : avril, 2014

Choses qui s’échouent

by florencebenedettigall

Choses qui s’échouent

je vis dedans

vieux roseaux morts

échoués

sur le bord

du lac

je m’enroule dedans

je vis dedans un temps.

 

je peux le faire

ça ne me fait pas peur

 

les coquilles

échouées

dans la rivière

pas d’escargot dedans

toutes nettoyées par l’eau

bouillonnante

je vis dedans un temps

 

quelque chose

toute chose

choses qui s’échouent

je vis dedans

 

alors maintenant je me promène

avec des bruits d’eau

dans mes oreilles

bruit de petit ruisseau

bruit de rivière vive

le bruit des vagues sur un lac

je marche vers elles

 

Oh! que des choses échouent encore

pour que je vive dedans !

 

Il y a quelques jours, j’ai trouvé dans ma boite à lettres une petite boite bleue pleine de trésors échoués, mousse, lichen, feuille, coquille, herbe,et autres merveilles, dont un petit crayon, et enroulé dedans, échoué lui aussi sur un papier transparent , ce texte d’ Howard Norman. ( l’Os à voeux).

Oh! que des choses échouent encore

pour que je vive dedans!

Cette boite bleue venait à point, et m’a bien encouragée dans le petit projet qu’à quatre nous préparons: De ci de lac, flânerie prés de notre lac, et  récolte de choses échouées, images et mots. Gravures, aquarelles, écritures, photos.

vol

by florencebenedettigall

Matin clair sept heures,  par la fenêtre l’ombre d’un oiseau, pas le temps de savoir plus.

Alors le plaisir de noter les mots d’oiseau de Jacques Moulin:

 

Rien que pour l’aile                                               

 

Cette pointure du ciel

quand s’y glisse l’oiseau

 

Rien que pour l’aile

 

Ce vertige de l’arbre

quand l’oiseau s’y épointe

 

 

 

L’oiseau et l’arbre.

Et me reviennent les mots de René Char que nous avions recopiés avec jubilation sur un mur, pour accompagner  les premières sculptures de L.B exposées à  Chalon sur Saône.

« L’oiseau et l’arbre sont conjoints en nous. L’un va et vient, l’autre maugrée et pousse. »  ( A une sérénité crispée)

 

 

 

 

A vol d’oiseaux

by florencebenedettigall

Dans les grands vols de mots, de poèmes, de  musiques, m’arrive  un  vol d’oiseaux  qui s’installe par ici, vers le lac, dans les marais, et dans les jardins, jusque chez moi.

« L’oiseau traverse nos vies nos balcons nos regards. Le rendez-vous est quotidien et on voudrait l’écrire. On répertorie son geste d’envol. On attend que ça entre un peu en soi. On dresse un piège à poèmes. On écoute l’oiseau chanter encore. Etirement dans l’étendue de la page. Héron ou martinet. Quelques corvidés. La pie aussi. Circulation des flux jusqu’en nos dedans: on se relie. Le peintre, dans un grand geste d’air cueillant et l’oiseau et l’arbre, nous accompagne. » Jacques Moulin.

Merveille, ces lignes me réjouissent. Merci l’amie qui m’a mise sur ce chemin d’oiseaux, avec le héron, la pie, les corbeaux et les autres, si présents.

Le dernier recueil de Jacques Moulin « A vol d’oiseaux » est  merveille.