de-ci de-lac
by florencebenedettigall
On traverse un océan en oiseau par dessus les voiles de nuages, on traverse toute une large terre, dans la tête, épaisse masse géographique, carte et vues imaginaires, puis, de l’autre côté, si loin, si loin, on entre avec appréhension, juste les doigts de pieds dans cette mer impressionnante, aux rouleaux fracassants, on entre frissonnant d’émotion, une petite fille joyeuse éclabousse de rires ces premiers pas et vous donne la main, on ferme le yeux, les oreilles, et on se dit: « de-ci de là merveille ».
On serait bien restée, partie plus loin, on aurait bien pris kayak, radeau, planche, brindille, fétu de paille, mais non, on est attendu ailleurs.
Oiseau, bien sûr, on redevient, on revient, de ci de lac, au bord, sur un ponton, on s’ébroue, on s’agite, avec quelques autres, heureux, on profite des lumières, des insectes, de l’eau tranquille. On est heureux, on peut chanter.