marche

par florencebenedettigall

L’écriture comme une marche, parfois tranquille, régulière, contrôlée. Je rêve souvent de cette marche ci dans l’usage des mots, bon exercice régulier nourrissant.

Parfois plus ambitieuse, la marche d’approche qui vient après la décision, le choix, la mise en forme. Tranquillement on entre dans la réalisation, on prend le contrôle, le rythme de respiration, et on sait que cela sera long, difficile et décisif. Puis la partie plus ardue, périlleuse, l’abrupt, la fatigue, le temps, tout facteur de combat, dans l’ascension. Après, ce peut être la souffrance, la légèreté facile, la discipline, la ténacité, le sens de la victoire, tant d’états, de sentiments, d’attitudes, vécus selon les acteurs, les conditions et le je ne sais quoi qui anime le simple déplacement de A à B. En ce cas B est là-haut, attirant, lointain, et le rêve de s’en approcher a nourri la préparation.

Ecrire me semble un peu similaire, et je rajoute pour l’une et l’autre des démarches, le découragement, l’abandon, le non-sens qui peut à tout moment envahir douloureusement. On revient au départ du sentier en colère ou épuisé, la cheville foulée et les mots dans un tunnel.

Et puis bien sûr il y a aussi les temps de grâce, le pied allègre, l’air vif, léger, le souffle bien adapté, et l’aisance de la grimpette;  on ne savait pas, c’est incroyable, on voit très loin, le ciel est clair et l’arête toute proche. Les mots , le rythme s’installent dans l’aisance et on ne comprendra pas  pourquoi ce matin là une page s’est écrite, ou une strophe, ou deux vers,  que l’on reconnait comme venant spontanément de très loin en soi, dans une sorte d’accomplissement.