un trille sur sa treille
by florencebenedettigall
Je lis ce matin dans l’anthologie permanente de POEZIBAO un très beau texte de Laurent Albarracin , extrait de » Le Déluge ambigu ».
Un petit extrait pour le plaisir, même si le poème semble être dans un flux important, dont il est un peu bête de saisir juste un fragment. Fragment de flux, opération difficile, mais juste saisir un peu de l’ensemble.
Oui la beauté est toujours un peu
le poinçon en nous de la tristesse
Qu’est-ce que cet oiseau qui pépie
sinon en effet un pincement épaissi
de la corde du coeur ?
L’existence de l’oiseau, précisément l’oiseau la figure
avec son apparence de gros poing délicat
(d’une délicatesse que soulignent ses fines pattes)
serré sur sa branche fragile
avec sa balourdise aussi de vilain point sur un i
ou son air de noeud pompeusement noué
autour du chant qui le traverse
La vie fluente est un mince filet
qui s’écoule et qui retient
ce qui est qui s’enroule
comme un trille sur sa treille
Laurent Albarracin.