la suite
by florencebenedettigall
J’en étais à raturer-rater, et la vie continuait à aller, puis vinrent des horreurs, des démons, des indicibles… puis un temps, un temps de reprise, de respiration douloureuse pour tous. Et curieusement nos petites vies se perdent dans une grande masse vivante, conglomérats des uns et des autres, pris dans les mêmes temps. Et curieusement aussi les mots des uns parlent pour d’autres, merveilleusement, comme si exceptionnellement, ils étaient enfin prononcés et reçus. Me sont arrivés ceux de Julos Beaucarne, par la voix de François Morel, puis de Julos lui même. Je les avais déjà entendus, je crois, mais, ils ont pris leur sens.
« Ma Loulou est partie pour l’enfer du décor, un homme lui a donné neuf coups de poignard dans sa peau douce. C’est la société qui est malade, il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour et la persuasion.
C’est l’histoire de mon petit amour à moi, arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons courage ni vous ni moi. Je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et nos deux chéris qui lui ressemblent. Sans vous commander, je vous demande d’aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les coeurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir, il faut reboiser l’âme humaine.
Je resterai sur le pont, je resterai le jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien aimée, il n’est de vrai que l’amitié et l’amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses; on doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller au paradis. Ah comme j’aimerais qu’il y ait un paradis, comme ce serait doux, les retrouvailles.
En attendant à vous autres, mes amis d’ici-bas, face à ce qui m’arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu’un histrion, qu’un batteur de planches, qu’un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd’hui :
je pense de toutes mes forces, qu’il faut s’aimer à tort et à travers.
Je pense de toutes mes forces , qu’il faut s’aimer à tort et à travers. «