Mots de glycine

Mois : avril, 2015

ils arrivent

by florencebenedettigall

Bien sûr que c’est dérisoire d’être là, à guetter le ciel, alors que sur terre, le poids des évènements,  le poids des passés tortueux, le poids des futurs difficiles semblent si importants …. et je  murmure,  je siffle, je chantonne et maintiens qu’heureusement il y a les gardiens des buissons, des écorces, des glycines,  des abeilles, des euphorbes, des peuples entre ciel et terre…  Jacques Moulin,  entre autres, avec un si grand bonheur, nous relie aux oiseaux de nos lieux ci. Difficile de choisir  parmi ses textes d’air et d’espace qui se répondent les uns les autres comme oiseaux se croisant dans le ciel.

 

Fin avril

Martinets

Tissent rets

Sans un fil

 

Ciel de cils

Cris en traits

Fin avril

martinets

 

C’est leur style

Coup de fouet

Qui défait

Chaque ville

Fin avril

Très beau livre   » A vol d’oiseaux » de Jacques Moulin, avec des dessins d’Ann Loubert, édité par L’Atelier contemporain.

 

Ricochets

by florencebenedettigall

L’eau est calme, miroir tentant, page à écrire, et vlan, on ne peut résister au geste, on se baisse naturellement, on choisit un gravier, un caillou, une fine pierre plate, et selon le gravier caillou ou la pierre,  on jette à l’eau avec intensité et plaisir, à défaut de soi même, le petit objet naturel  projet projectile, et on attend parfois une miette de temps, et c’est  spectacle transformation rapide du tableau de base et de soi même, parfois plus de temps, le temps d’un ricochet sur l’eau peut aller jusqu’à 30 années. Oui, ricochet de Graviers, ricochet de mots de vie qui saisissent le lanceur de graviers , car il avait quitté depuis longtemps le bord de cette rivière, et ne se souvient même plus si les pierres servant pour ces ricochets possible étaient des schistes, des basaltes ou des calcaires blanchâtres. Mais dans le bonheur de ces ricochets aléatoires, il se réjouit, et reprend de plus belle le jeu des pierres et de l’eau, le jeu des mots jetés à l’eau, et qui veut les récupère, les garde dans sa poche ou ailleurs, ou les envoie sur une autre rivière, un autre lac, une banale flaque d’un chemin détrempé.  Il y aura encore longtemps des miroirs d’eaux, de mots et de mirages.