La mélodie de la vie

by florencebenedettigall

 » Et nous sommes comme des fruits. Nous pendons haut à des branches étrangement tortueuses et nous endurons bien des vents. Ce qui est à nous, c’est notre maturité, notre douceur et notre beauté. Mais la force pour ça coule dans un seul tronc depuis une racine qui s’est propagée jusqu’à couvrir des mondes en nous tous. Et si nous voulons témoigner en faveur de cette force, nous devons l’utiliser chacun dans le sens de sa plus grande solitude. Plus il y a de solitaires, plus solennelle, émouvante et puissante est leur communauté.

Le mouvement 39, l’avant dernier de « La mélodie des choses » du jeune Rilke me touche intimement ce jour, la solitude et la communauté, la  « certitude tranquille née de la simple conviction de faire partie d’une mélodie, donc  d’avoir une place déterminée au sein d’une vaste oeuvre où le plus infime vaut exactement  le plus grand.  »

Le texte original me touche plus encore; moi qui connais  à peine la langue allemande  ….la mélodie des choses se fait mieux entendre, et les fruits, et le tronc et les racines de cet arbre sonore.

 

Und wie Früchte sind wir. Hoch hangen wir in seltsam verschlungenen Ästen und viele Winde geschehen uns. Was wir besitzen, das ist unsere Reife und Süsse uns Schönheit. Aber die Kraft dazu strömt in einem Stamm aus einer über Welten hin weit gewordenen Wurzel in uns Alle. Und wenn wir für ihre Macht zeugen wollen, so müssen wir sie jeder brauchen in unserem einsamsten Sinn. Je mehr Einsame, desto feierlicher, ergreifender und mächtiger ist ihre Gemeinsamkeit.