Mots de glycine

Mois : août, 2015

femme ou chien ou autre figure

by florencebenedettigall

A  propos de Giacometti Jean Genêt écrit:

 

Il n’est pas à la beauté d’autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachés ou visible, que tout homme garde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde. Il y a donc loin de cet art à ce qu’on nomme le misérabilisme. L’art de Giacometti me semble vouloir découvrir cette blessure secrète de tout être et même de toute chose, afin qu’elle les illumine.

Loin d’une facile conception romantique, cette réflexion de Jean Genêt me convient, d’autant qu’il est parti d’un constat de base placé en premier dans cet Atelier :  Tout homme aura peut-être éprouvé cette sorte de chagrin, sinon la terreur, de voir comme le monde et son histoire semblent pris dans un inéluctable mouvement, qui s’amplifie toujours plus, et qui ne parait devoir modifier, pour des fins toujours plus grossières, que les manifestations visibles du monde.

dans l’atelier

by florencebenedettigall

Temps passé dans l’atelier… à chaque fois je me sens happée par toutes ces  lignes de vie, de création, de partage, que ce soit un atelier familier comme pour moi celui de Livio, ou un lieu inconnu que je découvre en même temps que je découvre l’artiste. Fascination qui rassemble deux démarches que j’aime fort:  la découverte d’un lieu où vit travaille existe un créateur, et le processus même de la création. Comme j’aime voir dans les broussailles une plante se développer,  j’aime entrer dans le lieu où tableau, volume ou texte ou musique sort de ses tentatives de vie, et même si  » l’objet » est terminé, il reste dans les trajectoires des gestes, des outils, des ébauches, des essais, des ratages, des passés, des possibles, dans l’élan créateur qui anime l’atelier ressenti comme un ensemble vital.

Je suis dans un texte qui en ce sens me nourrit très fort:  » l’atelier d’alberto giacometti » , de Jean Genet. Ce texte publié en 1963 vient d’être réédité. C’est un bonheur d’entrer dans ce monde, celui de Giacometti, celui de Genêt,  et le temps partagé dans cet atelier de mots me comble.