Mots de glycine

Mois : juillet, 2016

Kesa

by florencebenedettigall

Kesa, manteau de nuages, rectangle mosaïque,  vêtement sacré, patchwork bouddhique, tissage de dépouillement , de passage, comme oiseaux, comme nuages, comme vies de disparition et de recréation.

Je confectionnerai un kesa de glycine, de paroles et de souffles en devenir.

Et les nuages

by florencebenedettigall

Et les nuages qui défilent en caravanes toujours étonnantes, jamais identiques, jamais lassantes, pour qui se laisse prendre.

« Accrochés aux nuages

nous continuerons le voyage

nous sommes oiseaux de passage

demain nous serons loin . »

ainsi chantait Bratsch, et moi avec eux, et cela me pousse à retrouver le si beau livre d’André Ar Vot,  « Cent vues de l’enclos des nuages« , et me voici à nouveau du voyage.

 »  Ce livre n’est pas fait pour être lu, mais feuilleté …c’est un peu un livre-oiseau, qui vole de branche en branche en faisant sauter les feuilles. Parcourir ce livre comme la caravane des Nuages parcourt les hauteurs de l’atmosphère sera la meilleure façon, en changeant de monture, d’altitude, d’éclairage, d’humeur et de compagnie. »

C’est le beau conseil de lecture que donne l’auteur,  et alors que je suis sur mon clavier, un oiseau vient contre la vitre comme pour voir ce qui se passe, quel reflet l’attire, la page ? mes doigts dans la lumière ?  vérifie-t-il mon état d’esprit?

Ayant toujours voulu exprimer à l’auteur mes remerciements naïfs de lectrice complice, j’ai cherché comment joindre cet André, qui m’avait dans un autre livre ramenée à des lieux bretons que je connaissais bien, ( » La Dérobée, fiction « ),  je constate avec Google qu’il est parti, oiseau poète de passage, depuis  déjà quelques années, nous laissant ces merveilles.

En passant

by florencebenedettigall

Juste fixer ici cette phrase de Paul Celan, entendue il y a quelques jours en présence de belles sculptures: »Je ne vois pas la différence entre un poème et une poignée de mains. »

 

Et tout en passant cette phrase à ma machine, pour ne pas l’oublier, je vois, rampant vers moi sur la terrasse une tige sinueuse de glycine et l’ébauche d’une fleur …c’est le début de cette seconde floraison, plus rare, au coeur de feuilles et de tiges estivales.

Le message est capté.