Mots de glycine

Mois : septembre, 2016

L’invention de la tige

by florencebenedettigall

Par un de ces sauts imprévus je retombe sur des merveilles de Lorand Gaspar:

 » ce que j’aimais par-dessus tout

clarté d’herbes du bonheur fragile

c’était en somme l’invention de la tige

poussée téméraire, vulnérable

occupée seulement à croître. »

C’est une strophe de  » Le  jardin de pierres  » Le poème entier est bonheur, vie jaillissant des pierres, mots giclants de vie, silences chantant dans la roche…

J’ai repris aussi  avec bonheur  « Approche de la parole » et ne fais que venir et revenir auprès de ces phrases nourrissantes, moi qui sors d’un grand mutisme éprouvant.

« Il y a une veine d’énergie qui est langue, qui chemine continue depuis les dispersions cosmiques et plissements géologiques aux tissages de la vie, aux mouvements les plus abrupts de l’imagination et du chant. Lorsque la voix s’y découvre, mouvement inséparable, c’est comme si elle reconnaissait un visage, une modulation, un rapport  fondamental proposé par le monde; comme si notre langue charriait toutes nos architectures de pierres et e vents, soudain du présent plongeait   aux âges sans mémoire, reconnaissait son acte inconnu. Se reconnaissait;

Au seuil de ce jour indécis: le poète avec son maigre paquet. Mis à nu en ce désert. Et nu à crier et désert à en perdre le sens. »

Briser ici ainsi ce courant est  maladroit, il faut suivre ce courant, et respirer avec lui.

SOL ABSOLU et AUTRES TEXTES, nrf, poésie Gallimard.

Et lire ces textes intenses, comme on déchiffre dans une roche le travail de l’eau et la respiration du temps.

En attente

by florencebenedettigall

Mon kesa de nuages de glycine est en attente, peut-être rêve se dissolvant dans le flux informe des jours des nuits et des mois, peut-être mystérieusement en train de chercher dans le secret la forme des lettres et des mots.

Je retrouve dans le très beau livre « Manteau de nuages » l’origine de ce vocable:

 » En japonais, moine se dit unsui, ce mot signifie nuage et eau, image de l’impertinence de tout étre, de la transformation de chaque phénomène, de la sereine liberté de l’immensité du ciel. Ainsi va le moine, portant sur son manteau le symbole de sa vie: kesa, manteau de nuages. »

texte de M.Rennie Pecqueux Barboni, trouvé dans le livre catalogue d’une exposition de Kesas japonais , au Musée des Tissus de Lyon, décembre 1991.