creuser le silence obscur

by florencebenedettigall

déjà glissée dans le silence des galeries souterraines, déjà confusément dévorant l’obscurité, je délire de  fantasmes confus ..

La reprise du livre de Reclus me relie à la réalité de la terre, du ruisseau, des cavernes, et son texte, avec sa solennité un peu  emphatique , non, respectueuse de l’objet de son écriture, me comble.

« Quelques pas ont suffi, et l’on est déjà transporté dans un autre monde. On se sent tout à coup saisi par le froid et par un froid humide ; l’air est stagnant, où les rayons bien- aimés du soleil ne pénètrent jamais, a je ne sais quoi d’aigre, comme s’il ne devait pas être aspiré par des poumons humains; la voix de l’eau se répercute en longs échos dans les cavités sonores, et l’on croirait entendre les roches elles-mêmes pousser des clameurs, les unes retentissant au moins, les autres sourdes et glissant comme des soupirs dans les galeries. Tous les objets prennent des proportions fantastiques ; le moindre trou que l’on voit s’ouvrir dans la pierre semble un abîme, le pendentif qui s’abaisse de la voûte a l’apparence d’une montane renversée, les concrétions calcaires entrevues ça et là prennent l’aspect de monstres énormes ; une chauve-souris qui s’envole nous donne un frisson d’horreur.« Histoire d’un ruisseau,  IV, La grotte.

Dans mon imaginaire, c’était silence, lui, le géographe, il remplit sa grotte des musiques de l’eau.