le fil vertical

par florencebenedettigall

Balcon au dessus du pré, maisons effacées dans la brume, et la lumière s’installant dans les dentelles des herbes …être là, verticale, au dessus,  et minuscule, en attente,

et la mer revient, installée au coeur même de l’instant ,

et je retrouve un Autre, immobile aussi, en pleine réception de vie.

 

« Il se tient debout

face à la mer

les yeux fermés

on dirait depuis toujours

comme s’il attendait

que telle une sève

la lumière monte

d’on ne sait quel fonds_

comme s’il avait compris

que ni les mots

ni les rayons

ne suffisaient

pour voir vraiment_

 

tôt le matin une mer sans un pli

peau tendue d’un immense fruit mûr

qu’ouvrent de la base au sommet les bras

que lentement écarte le nageur_

 

Loin du rivage un pêcheur immobile

debout sur les eaux, sa main droite tient

pareille à celle de l’aurige à Delphes

un fil rompu le liant par-delà

le temps et la brume à l’insaisissable _

Extrait de La Maison prés de la mer, de Lorand Gaspar.