Le chant les mots
par florencebenedettigall
« Et nos mots sont pareils à un bateau
dans les glauques profondeurs de la mer
Sur les algues emmêlées de nos voix
glisse la paume paisibles des eaux _
Une barque a quitté le corps de la nuit
peu de mots, peu de gestes, peu de sommeil _
le vent vif du petit matin
la vie toujours inachevée _
Si tu peux toucher ce rien de clarté
lisible parfois au creux de la main _
Qu’y-a-t-il d’autre dans nos langues qui s’usent,
se désagrègent si vite pour que nous apercevions
sous la dalle friable son acte infondé ?
Greffes, prolongements, échos défaits,
la nudité même érodée,
sentirons-nous sous nos muscles le clair
mutisme de l’os et le vif du fleuve ? «
Je relis, je me relie, bribes de Monastère, de Lorand Gaspar .