Mots de glycine

Mois : juin, 2017

et encore des nuages

by florencebenedettigall

nuages nues   nuées nuances   nuages mués   visages nus   et les mots et les âges  et le ciel et les vagues

je divague  je dis nuage  avec elle  ailes de rêves  avec lui petit frère

Je viens d’entendre Agnès Varda et J.R parler à deux, parler de leur film « Visages Villages  » . Quel bonheur, leur lecture  pour finir le dialogue, leur lecture de l’ETRANGER de Baudelaire  :

 

 

Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?

– Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.

-Tes amis?

-Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.

-Ta patrie?

-J’ignore sous quelle latitude elle est située.

-La beauté?

-Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.

-L’or?

-Je le hais comme vous haïssez Dieu.

-Eh! Qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger?

-J’aime les nuages,,,…les nuages qui passent…là-bas…là-bas… les merveilleux nuages !

Encore l’arbre

by florencebenedettigall

Du flot de paroles, du flot de silences, du flot , du flux, de l’évidence du sang en force, encore une fois se dessine l’arbre, nourri de ce sang, frémissant de ses feuilles-paroles, accueillant le vent de vie.

L’arbre de Matisse, et le clin d’oeil de René Char, me reviennent .  » L’oiseau et l’arbre sont conjoints en nous, l’un va et vient, l’autre maugrée et pousse. » et je me reprends à dessiner dans ma tête, et à redessiner avec application un ARBRE, et à chaque fois il diffère, s’élargit, s’affine, s’épaissit, se sépare, survit, s’endort, se multiplie,  et je continue,  sachant qu' »il faut monter avec lui  » selon les mots de Matisse.

Et pendant ce temps l’oiseau respire et chantonne.