Lise, lisons, liserons, lisière
par florencebenedettigall
Il est des mots qui d’eux mêmes se mettent à chanter, plutôt fredonner, comme à la recherche d’une histoire ancienne et nouvelle à la fois.
A la lisière du marmonnement et de l’imprégnation, ceux ci écrits plus haut s’entortillent dans mon esprit, circulent en rampant dans des images vues ou remémorées, et cela m’amuse.
Et je lis, je relis, je relie en moi des bribes de textes , des textes de lisière où la chaîne et la trame des mots tissés se font entendre en une lecture intérieure; ainsi, je relis le texte de Philippe Jaccottet » Et néanmoins « , dans lequel vivent et circulent entre autres, diverses plantes chères au poète, compagnes de vie présentes sur ses chemins, humbles dans le sens premier, proches du sol, pour le promeneur, plus souvent curieux de la terre, des talus, des lisières des bosquets et des prés que de lointains horizons panoramiques.
Relisons les liserons.
AUX LISERONS DES CHAMPS
(Encore?
Encore des fleurs, encore des pas et des phrases autour des fleurs, et qui plus est, toujours à peu prés les mêmes pas, les mêmes phrases ,
Mais je n’y puis rien: parce que celles-ci étaient parmi les plus communes, les plus basses, passant à ras de terre, leur secret me semblait plus indéchiffrable que les autres, plus précieux, plus nécessaire.
Je recommence, parce que ça a recommencé: l’émerveillement, l’étonnement, la perplexité; la gratitude, aussi.)
Il commence dans cette parenthèse, comme pour s’excuser … oui, s’excuser de ne point prendre un nouveau sujet, un grand sujet, un sujet en pleine lumière. Je fonds de bonheur, j’ai envie de traverser le champ qui vient d’être coupé, car au fond, contre un pylone, clartés intenses, des liserons se sont installés . Je vais les saluer. Et avec eux, Philippe Jaccottet.