Mots de glycine

Mois : septembre, 2017

un oiseau

by florencebenedettigall

Je découvre dans le si riche Poezibao de Florence Trocmé des extraits d’un poète : Thierry Metz. Cédric Le Penven vient de publier  « Thierry Metz » dans la collection Présence de la Poésie.  Petits textes intenses, exigeants, essentiels.

Quelques extraits de « Le Drap déplié » :

Le jour dans ma paume

éclairée d’oiseaux

approfondie dans un couvent de branches

par le pain

l’aile en prière sur la bouche

de qui n’est plus rien

qu’un souffle

…..

De chaque pierre

à tailler

j’extrais le mur

son aveuglement

à chaque pas

jusqu’au soir.

……

 

 

Ne penser qu’à la lumière

d’écrire

et vivre   un chemin

dans les herbes

 

de n’être rien

sans l’oiseau

 

d’aimer. 

 

La présence dépouillée dans les mots touche à l’essentielet s’installe dans une lumière évidente. Bonheur de cette découverte.

et l’ips dort

by florencebenedettigall

Et l’ips dort au coeur de l’écorce,  avec ces fils de soie labyrinthiques, avec ses fils de mots  qui les rejoignent, avec ses créations qui s’entremêlent, et s’endorment et se réveillent, dans la conscience que, de toutes façons, ce qui est précieux, ce sont ces mouvements même de vie, celui de l’ips, le typographe des écorces d’épicéa,  celui d’Hélène la  brodeuse graveuse amoureuse d’écorces, et le mien, tenu par les mots.

Voici donc mes quatre mouvements de mots, sortis de  cette poussée  commune de vie.

 

MOTS D’ECORCES

L’ARBRE ET L’IPS

 

1° mouvement allegro

 

 

Une clarté

de passage sur l’arbre

 

alors tu caresses sa peau

lisse et rugueuse

vivante blessée

écorchures cicatrices

de vie

 

contre lui

heureuse de sa respiration

écorce corps à corps

tu retrouves la résonance

tu sais les cercles premiers

derrière la paroi

l’âme du bois présente

au plus profond

 

grâce d’or

 

2° mouvement ritenuto

 

 

 

Laisser toute lueur

éteindre toute musique

voyageur non voyant

glisser à l’intérieur

dans l’opaque du silence

 

enfoncer son corps

entre les plis confus

errances contournements

forer des masses obscures

s’enfouir aveuglé

au coeur fou de l’informe

dans les entrailles d’un temps

 

peut-être va s’ouvrir

d’entre les strates obscures

sans ciel ni vent

un antre interstitiel

intact protégé

pour une énigme vive

 

l’écorce se referme

 

l’arbre scelle

le mystère.

 

3° mouvement cantabile

 

 

Qui se glissera

par ces voies arborescentes

 

qui par ces fougères

suivra le dédale obscur

en ses tracés déterminés

 

qui posera l’énigme

et son évidence

 

qui filera le temps

patience muette

 

sous la peau de souffrance

la vie tisse la vie

le silence son mystère

le temps s’en va

le chant se glisse

 

ellipse.

 

 

4° mouvement pacato

 

 

 

 

Le temps s’en va

le temps s’en va

mon arbre

et bientôt seras étendu

sur la lande

corps défait

 

à l’abri

bien nourries

des vies installées

chez toi

à présent prennent la tienne

à vif

abandonnée.

 

Lors

de loin

de nos tréfonds

des fils de mots

des fils de soie

des fils se nouent

des fils dessinent

tes constructions premières

arbre notre arbre

 

et ton chant

libre chacun le renouvelle

en soi

 

en nous

à claire voix.

Sainte Hélène printemps 2017

 

Mes mots ont la chance d’avoir été installés au coeur d’un livre unique créé par Hélène Dittmar-Foray « Sur le chemin de l’Ips Typographe ,  Au fil du temps et de l’aiguille se renoue l’histoire de l’ips . » Ce livre unique, et quelques autres, enfants créés par Hélène, seront visibles au salon des LIVRES d’ARTISTES, de Rives en Isère , les 15, 16 et 17 septembre 2017.