Und wie Früchte sind wir.
by florencebenedettigall
Je retombe par grand hasard sur ce texte de Rilke, écrit en 1898, Rilke a vingt trois ans ….le fruit a déjà bien mûri, intuition, expérience.
» Et nous sommes comme des fruits. Nous pendons haut à des branches étrangement tortueuses et nous endurons bien des vents. Ce qui est à nous, c’est notre maturité, notre douceur et notre beauté. Mais la force pour ça coule dans un seul tronc depuis une racine qui s’est propagée jusqu’à couvrir des mondes en nous tous. Et si nous voulons témoigner en faveur de cette force, nous devons l’utiliser chacun dans le sens de sa plus grande solitude. Plus il y a de solitaires, plus solennelle, émouvante et puissante est leur communauté. »
Notes sur la mélodie des choses. XXXIX.
C’est le dernier mouvement de son texte, et moi qui viens de travailler au jardin, élaguer, donc observer l’organisation de chaque branche dans l’ensemble de l’arbre ou de l’arbuste …
et moi qui viens de passer quelques jours proches, si proches de mon amie peintre, dormant dans le petit atelier où veillent des toiles vivantes, j’entre dans cette « mélodie des choses » avec facilité, et je m’y sens bien. « … so müssen wir sie jeder brauchen in unserem einsamsten Sinn. Je mehr Einsame, desto feierlicher, ergreifender und mächtiger ist ihre Gemeinsamkeit. »
Quant à moi il me reste tout un travail d’écriture à faire, à partir de bribes venues directement d’un temps d’imprégnation dans la « mélodie des choses », dans le cas précis, dans la mélodie d’un lieu particulier, partagé, un temps d’automne, microcosme d’une mare prés d’ici. On pourrait peindre, on pourrait photographier, enregistrer les sons et les silences, les lumières et le jeu des ombres, on pourrait juste s’y tenir, s’emplir du lieu, et disparaître. Arriver à fixer quelques bribes, mots venus, mélodie des choses. Juste les fixer.