Le serpent

by florencebenedettigall

Il s’est glissé sans qu’on le veuille, dans les herbes , les broussailles, les fougères et les mousses. Il arrive toujours à se glisser ainsi dans nos promenades, déambulations, arpentages;  en fait toute flânerie dans tout paysage comporte l’éventuelle rencontre, furtive, fascinante, effrayante, du serpent.

Et le déroulement de nos vies ne peut que le confirmer, si nous acceptons que nous ne sommes pas dans un rêve paysager de bonté absolue.  Nous avançons , nous déambulons, nous flanons dans des paradis herbeux er fleuris, le long de rivières, autour de lacs, sachant bien que, des fougères, des broussailles et des mousses, peut surgir la forme effrayante, ondulante, serpentine.

Mais le serpent n’est étymologiquement qu’un  » rampant »,  et tout rampant dans l’herbe n’est pas dangereux … et pourquoi Tom Mandel dans son petit texte de Realism, emploie-t-il le mot « serpent » et non « snake » que j’avais appris à l’école ? peut-être est-ce le mot américain ?

Mais il reste, je le sais, dans toute espace de déambulation vitale, dans toute période d’avancée, de mouvement du temps, l’éventuel frôlement d’une réalité  froide, insinuante, ondulante , qui file entre nos jambes, entre nos vies, menaçante, confuse,   sans visage, sans vacarme … juste un léger bruit dans les herbes, juste un subtil sifflement,  juste une terreur instinctive devant une réalité qui nous échappe, juste une sinuosité à dessiner sur nos ardoises et nos miroirs. La lettre S , visuelle, sonore, présente. Mais encore faut-il pouvoir la saisir.

Serpente en moi une menace, oui, imparable menace, que je ne peux piéger, serpente la réalité d’une fin probable. Evidence commune.

Realisme, titre de Tom Mandel.