Mots de glycine

Mois : avril, 2018

Presque trop

by florencebenedettigall

Le chemin était interminable, poussiéreux, monotone…

le chemin était fracassant, confondant, âpre à parcourir …

le chemin était vide, gris, silencieux….

et soudain, dans une singulière lumière, ce fut l’explosion de couleurs, de chants, de danses.

 

 

Mon jardin

 

 

Nigelle

Glycine blanche

Iris

Ancolie

 

Fleurs d’orties

Boutons d’or

Lilas

Arbre de Socrate

 

Muscaris

Pervenches

Jacinthes

Muguet

 

Magnolia

Glycine mauve

Orchis

Valériane

 

Coquelicot

Euphorbe

Cytise

Seringa

 

Corbeille d’or

Giroflées

Monnaie du pape

Fleurs de fraisier

 

Paquerette

Romarin

Carottes sauvages

Herbes folles aimées.

 

Bien vivant jardin, peuplé d’insectes actifs, forces de vie.

Dit du Pivert de l’univers

by florencebenedettigall

Dans VERT il y a du rêve

tout ouvert, y a de l’air

y a la sève la poussée la tige

l’herbe la feuille …vertige !

 

Dans VERT on frôle le vent

la mer la vie toute claire

le jour grand’ouvert

et que vienne le chant !

 

Dans VERT on rêve de vie

on vibre on ouvre on sème

on fredonne on va on sourit

on accueille on unit on s’aime.

En vert

by florencebenedettigall

Vient dans la glycine encore grisbeigemauve, le vert qui envahit ce début d’avril. Ainsi le poème de l’amie Marlise :

 

Vert

 

Des tiges

A tâtons

Sous terre rampent.

Jaillissement de vie,

Sous l’herbe

Le vert

A l’assaut du ciel.

 

Dans le matin tiède,

Métamorphose.

Le vert a brisé

La terre assoupie,

Les écorces.

 

Verts en sourdine,

Cantabile,

Crescendo, allegro.

Le vert éclate

Dans les fentes

Et sur les murs de pierre, 

Il désoriente le vent.

Le vert déferle

Sur la ville

Il fait éclore la vie

Dans les regards las 

Des passants.

 

Poème de Marlise Benoit, 7 avril 2018.

Poème en tête,  je dois aller passer la tondeuse sur mon petit pré verdoyant qui lui aussi se laisse aller.

Dans le mouvement

by florencebenedettigall

Tout passe et tout demeure. Mais notre affaire est de passer.

De passer en traçant des chemins

Des chemins sur la mer.

chantait Machado.

 

Le » tout passe » devient délirant.

La glycine bourdonne cela, dans la grisaille de ses entrelacements , dans la présence des suspensions de graines, rideau devant la fenêtre constamment agité par tout souffle, dans la fabrication spectaculaire de ses  bourgeons dont la couleur ce matin est si étrange … ni gris ni beige ni mauve ni blanc mais tout cela mêlé en fabrication, et le mauve ainsi se prépare, comme sur une palette dictée par   le mouvement premier. Dans un jardin où sauvagement crient des verts si différents les uns des autres, ceux de l’euphorbe,  du lilas, du cytise, des lauriers, des lavandes et d’autres, et  les verts criants des herbes en plein développement , la perspective de la floraison délicate de la glycine semble étonnante, et  attendue pour l’harmonie. Du moins l’harmonie à nos yeux  guetteurs. Guetteurs de transformations.

Et inévitablement les mots s’installent en s’entrelaçant, en tournant et retournant, se prenant pour des lianes qui  occuperaient les lieux. En attente …

Um das Haus herum

Wohnt der Garten.

écrivait H.A.Astel.

l’hiver s’efface

by florencebenedettigall

Ici s’était installé un hiver opaque, étouffant les mots, les figeant dans le sol glacé comme s’ils ne pouvaient plus se faire entendre, résonner, prendre vie.

Et les petites traces de vie se bloquant dans un gel dominateur n’arrivaient pas à se faire entendre.

La vie craque, la glycine marque aussi un bientôt réveil, et des petites voix étrangères viennent gratter le sol.

 

Der Himmel

gespiegelt

in einer Pfütze

 

In diesem Himmel

badet ein Spatz.

 

Hans Arnfrid Astel

(Le ciel  reflété dans une flaque d’eau. Dans ce ciel se baigne un moineau. )