Dans le mouvement
par florencebenedettigall
Tout passe et tout demeure. Mais notre affaire est de passer.
De passer en traçant des chemins
Des chemins sur la mer.
chantait Machado.
Le » tout passe » devient délirant.
La glycine bourdonne cela, dans la grisaille de ses entrelacements , dans la présence des suspensions de graines, rideau devant la fenêtre constamment agité par tout souffle, dans la fabrication spectaculaire de ses bourgeons dont la couleur ce matin est si étrange … ni gris ni beige ni mauve ni blanc mais tout cela mêlé en fabrication, et le mauve ainsi se prépare, comme sur une palette dictée par le mouvement premier. Dans un jardin où sauvagement crient des verts si différents les uns des autres, ceux de l’euphorbe, du lilas, du cytise, des lauriers, des lavandes et d’autres, et les verts criants des herbes en plein développement , la perspective de la floraison délicate de la glycine semble étonnante, et attendue pour l’harmonie. Du moins l’harmonie à nos yeux guetteurs. Guetteurs de transformations.
Et inévitablement les mots s’installent en s’entrelaçant, en tournant et retournant, se prenant pour des lianes qui occuperaient les lieux. En attente …
Um das Haus herum
Wohnt der Garten.
écrivait H.A.Astel.
Je n’ai même pas besoin de jardin. Tes mots m’en fournissent un. Danke!