La dame première

by florencebenedettigall

Dans le silence

imperceptible une respiration

 

 

oui ce n’est pas un rêve

par moments

les herbes fredonnent

 

oui

en douceur

en secret

les pierres murmurent

 

oui

la terre chantonne

quelque voix

quelle voix ?

 

à peine visible

en sommeil

elle est là

simple reflet

respiration profonde

 

elle attend soumise discrète

soudain frémit

sourit dans la lumière

toute vive file sur le rocher

en un jet insaisissable

 

se cache réapparait

lumineuse ruisselante

éclabousse en toute générosité

de rires de cris de jets de reflets

d’arpèges d’arcs en ciel

 

soulève en musique

des souffles des chants

des mémoires des histoires

déroule des images des voies des idées

flots de vies de passés de possibles

gicle en vrac et nourrit les êtres alentour

 

tout est possible tout ruisselle plus tard plus loin au delà

 

soudain s’étale dans l’herbe

en un souffle disparait bue par les prés

absorbée par le silence

toujours présente

première

mère de nos vies

 

jaillie du plus profond

au creuset de l’intime

 

la Source.