Mots de glycine

Mois : décembre, 2018

Echos et reflets

by florencebenedettigall

Echangeant avec l’amie M. sur les Reflets, je trouve dans le Poezibao d’hier des mots d’Anne Marie Soulier qui nous répondent:

« On ne s’ennuie jamais avec sa peine, la porte grande ouverte sur le Styx intérieur. Regarder l’étang noir et y lancer des mots pour voir jusqu’où ils vont, ce qu’ils deviennent, ce qu’ils y font,

Nourrir l’eau avec des syllabes: zurück- zurück- zurück-

Des canards traversent l’écho.

Les nénuphars ont voilé le miroir.

Présence des oiseaux de dialogues et d’ailes.

Saule solide en son miroir. »

 

 

Et me voilà lançant sur le miroir de la feuille mes petits reflets écrits en résonance avec ceux de M.

 

 

 

REFLETS

 

Je flotte dans les reflets

 

j’y flaire une existence

juste un souffle

un flux léger

de lumière sur une ombre

d’ombre sur la lumière

 

tout file s’effiloche

se défait se refait

brins lumineux

dans la brume

souffle fugace

vaporeux

 

sur la flaque fragile

miroir aux mirages

brumes d’hier et de l’instant

faible fleurs d’échos

d’ici d’ailleurs

 

vaste monde épars

d’ailleurs d’ici

 

et moi fascinée

dans ce réel je flotte

et je vole

et me dissous

heureuse

 

est-ce moi

est-ce elle

à tire d’aile

dans le ciel et sur l’eau.

les derniers

by florencebenedettigall

Ce sont peut-être les derniers rameaux, les dernières guirlandes dorées de la saison, légèreté accrochée à la balustrade de mon balcon, enroulée élégamment à deux  des barreaux …dernier chant de ma glycine avant la préparation des futurs premiers .

Et  m’arrive un chant d’automne , une danse colorée et envoutante, la voici:

 

Automne

 

Une feuille se pose

Doucement sur l’herbe,

Une autre, une autre encore,

Sans bruit, puis cent.

Sarabande dans le vent.

 

L’automne est arrivé ce matin,

Sur la pointe des pieds.

A peine un air plus frais

Effleure la terre mouillée.

L’ardent été s’en est allé

Abandonnant sa hargne,

Et sa furie,

Ses rivières

Et ses affluents de feu.

Sur les champs,

Rampent des lambeaux

De brumes indécises

Le rouge a envahi

La vigne vierge

 

Et le saule

Pleure à chaudes larmes.

Dans ma tête en suspens

Flotte un air mélancolique

Comme une feuille fanée

Qui erre dans le vent. 

 

Poème de MARLISE BENOIT.