les derniers
par florencebenedettigall
Ce sont peut-être les derniers rameaux, les dernières guirlandes dorées de la saison, légèreté accrochée à la balustrade de mon balcon, enroulée élégamment à deux des barreaux …dernier chant de ma glycine avant la préparation des futurs premiers .
Et m’arrive un chant d’automne , une danse colorée et envoutante, la voici:
Automne
Une feuille se pose
Doucement sur l’herbe,
Une autre, une autre encore,
Sans bruit, puis cent.
Sarabande dans le vent.
L’automne est arrivé ce matin,
Sur la pointe des pieds.
A peine un air plus frais
Effleure la terre mouillée.
L’ardent été s’en est allé
Abandonnant sa hargne,
Et sa furie,
Ses rivières
Et ses affluents de feu.
Sur les champs,
Rampent des lambeaux
De brumes indécises
Le rouge a envahi
La vigne vierge
Et le saule
Pleure à chaudes larmes.
Dans ma tête en suspens
Flotte un air mélancolique
Comme une feuille fanée
Qui erre dans le vent.
Poème de MARLISE BENOIT.
ici, c’est ce chant de Louis qui m’arrive ……. chanté ou lu , il offre ses effluves nostalgiques et lucides
bonne lecture , chère Florence !!
bises de Muriel
Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D’où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu’importe et qu’importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l’enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C’est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l’enfant qu’est-il devenu
Je me regarde et je m’étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d’antan
Tomber la poussière du temps
C’est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C’est comme une eau froide qui monte
C’est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu’on corroie
C’est long d’être un homme une chose
C’est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
Ô mer amère ô mer profonde
Quelle est l’heure de tes marées
Combien faut-il d’années-secondes
À l’homme pour l’homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger.
Louis Aragon.