Mots de glycine

Mois : juin, 2019

Autres vagues

by florencebenedettigall

D’autres vagues arrivent, dominantes, écrasantes dans leur beauté:

Vagues

Marée haute ou marée basse

La vie déferle,

M’étreint, me submerge,

Me noie.

Corvette ailée,

Je divague et chevauche

L’orage et le vent

A la dérive au fil de l’eau,

Je flotte sur la vague

Pour m’effondrer

Brisée sur les écueils.

Le temps arrache,

Le temps emporte,

Naufrage et renaissance.

Poème de Marlise Benoit.

Je divague

by florencebenedettigall

D’ici

je les entends la nuit

rythme premier traversant les terres

chaque fois différentes

chaque fois presque les mêmes

légères violentes

discrètes fracassantes

à nouveau encore une

douces à mourir intenses à renaître

j’entends leurs chants leurs mots

intarissables et je suis je vibre

dans la respiration première

le rythme même les battements la vie,

et sur ma plage ouverte

je trace de larges courbes

semblables et coulantes

waves waves welle

vague vagues ola

unaola ondata

una ola fragente

glissante brisante vague

éclaboussante éblouissante

vague ondoyante fracassante

vague au corps vague au coeur

sur page et pages libres je délire

envaguée mouvante emportée

de couleurs en douleur

de douleur en douceur

contre les rochers intenses

dans les blancheurs d’écumes

dans les reflets résonances

peut-être rythmes premiers

de respiration

peut-être vers les derniers

soubresauts

de vie.

Vagues je dis vagues

et m’endors m’endors

dans le berceau coquille

de ma petite vie.

Chorégraphie

by florencebenedettigall

Etait-ce préparé, mis en scène, adapté, ou improvisé ?

Samedi soir, plate forme du fort Barraux, au dessus du Grésivaudan, en face de la somptueuse chaîne de Belledonne, nous avons assisté à une chorégraphie étonnante, d’une vivacité, d’une liberté, d’une inventivité incroyables. La troupe de Martinets- de- Barraux présentait son nouveau spectacle de l’été. Elle avait sollicité pour dynamiser sa création un trio de musiciens magnifiques, le violoncelliste Eric Longworth, le joueur d’Oud Grégory Dargent, et le Griot Dramane Dembélé, la soirée fut merveille , vols en solistes, essais groupés, sans cesse transformés, interrompus, revisités, dans un décor bien présent, murs anciens de la bâtisse militaire, aux cavités diverses fort utiles aux danseurs. La musique aussi variée qu’intarissable nous fit voler d’Afrique vers le Moyen orient et retour vers ici, envolées somptueuses, sonorités envoûtantes. Ce fut bonheur.

Me reviennent des textes de Jacques Moulin, de son recueil A vol d’oiseaux :

Au soir des terrasses

on entre en martinet

la lueur du couchant

Sous ses ailes

Martinet noir

son vol de braises

Nageoires ou ailes

le martinet

brasse l’étendue

Martinet

tourniquet

vire à l’angle

la charpente

s’ajuste

Martinet

déchire le ciel

défie l’ouïe

effilé

prend son temps

de courbure

Martinet

ponctuation dérangée

sous le ciel d’été