Mots de glycine

Mois : juillet, 2019

Peindre

by florencebenedettigall

Peindre le vent

peindre le sang

peindre l’iris

peindre une esquisse

peindre l’océan

peindre le mouvement

peindre le port

peindre la mort

peindre un malaise

peindre la falaise

peindre la pluie

peindre la vie

peindre le soir

peindre l’espoir

peindre l’étang

peindre le temps

avec des mots des sons des couleurs des crayons, avec des rythmes des pinceaux des plumes du désir

par nécessité plaisir, par jeu,

pour continuer à respirer,

oui,

inspirer l’air de la vie,

en laisser l’empreinte,

simple empreinte,

même infime,

peinte, sur l’écorce de notre vie.

inspiration

peindre

expiration.

Ombres

by florencebenedettigall

Voici d’autres ombres précieuses, écrites par Marlise Benoit :

Ombre, belle ombre

Fais voile vers nous

Et nous protège

Des morsures du soleil

Qui boit les sucs et les sèves,

Tarit les sources,

Laissant exsangues

Prairies, jardins et bois.

Abrite nous du féroce été

Qui boit la mer immense.

Ombre, belle ombre,

Sur les errants et les égarés

Etends ton aile protectrice

Fais-toi abri,

Fais-toi refuge.

Ombre

Mon ombre me précède

Ou me suit.

Ombre fidèle,

Tu m’accompagnes

Et m’exaspères

A me coller ainsi,

A me singer,

A contrefaire mes moindres pas.

Pourtant, je suis ton double,

Je n’existe pas sans toi !

Sombre,

Ombre, compagne de la nuit,

Tu engendres

Les spectres de la peur,

Toi, l’envers obscur

De toutes choses,

La substance même du vide,

Le noir néant.

Dans ma maison

Rodent des ombres,

L’ombre des rêves secrets,

L’ombre des mots non-dits.

Et vraiment quelle ombre portent les mots? quelle fraîcheur, quels rêves nous donnent-ils? ?

Ombres

by florencebenedettigall

Avec une foi intense

j’entre dans la forêt

de la Pénombre

Je plonge vite

au coeur de longs silences

ni couleur ni éclat

ni reflet ni apparence

une réalité dense

libre

Je m’enracine dans les ténèbres

et peu à peu sombre

par delà couleurs lumières

volumes et apparences

peurs et attachements

enfin disparue

fondue dans les ombres d’autre vie..

Plus loin là-bas peut-être

plus loin en vie, souriante,

une CLAIRIERE.

J’y vais j’y vole.