Mots de glycine

Mois : septembre, 2019

Le Hasard

by florencebenedettigall

Je tombe par hasard sur ce si beau texte d’Andrée Chedid:

Le Hasard

Ne cesse de ramener

Vers nos rivages

Quelques merveilles

Que nous n’avions pas cueillies

Quelques malheurs

Que nous n’avions pas ourdis

Surgi des ténèbres

Ou de l’éclair

Le Hasard

Pose tantôt son aile

Sur notre épaule

Tantôt ses griffes

Dans la chair

De nos vies.

Je lègue

by florencebenedettigall

Une amie, partie maintenant m’avait légué, ce texte de Vieira Da Siva. Je jubile en le tapant sur mon clavier d’ordi, me glissant dans un monde intense de couleurs.

Je lègue à mes amis

un bleu céruléen pour voler haut

un bleu de cobalt pour le bonheur

un bleu d’outremer pour stimuler l’esprit

un vermillon pour faire circuler le sang allégrement

un vert mousse pour apaiser les soifs

un jaune d’or : richesse

un violet de cobalt pour la rêverie

une garance qui fait entendre le violoncelle

un jaune barité: science fiction, brillance, éclat

un ocre jaune pour accepter la terre

un vert Véronèse pour la mémoire des printemps

un indigo pour pouvoir accorder l’esprit à l’orage

un orange pour exercer la vue d’un citronnier au loin

un jaune citron pour la grâce

un blanc pour la pureté

terre de sienne naturelle: transmutation de l’or

un noir somptueux pour voir Titien

une terre d’ombre pour mieux accepter la mélancolie noire

une terre de Sienne brûlée pour le sentiment de la durée .

Vieira Da Silva.

Encres

by florencebenedettigall

En moi

coule une rivière

de sang

glissant en tout lieu intime

de mon être

son envie de vivre

En moi

coule une rivière

de lumière

reflets éclats

en une respiration solaire

qui me relie à d’autres cieux

En moi

coule une rivière

d’encres folles

transmettant dans l’urgence

les désirs les essais les rêves

les échecs les silences

je l’absorbe et m’étire

et sans que je les appelle

sortent de mes doigts irrigués

des lettres des syllabes des mots

et la rivière s’étale en formes étranges

sans que je la retienne

vivante dans ses dessins fous.

En moi

coule une rivière

de sang, de lumière, d’encres.