Parenthèse du banc
by florencebenedettigall
Sous mon tilleul généreux je me sens bien, j’attends, offrant à qui la veut la courbe usée du repos.
L’une arrive, comme dans l’urgence, laisse à terre deux grands sacs, s’installe, détendue, tête relâchée en arrière, jambes écartées, yeux mi-clos. Je lui offre une détente de rêve. je suis heureux pour elle.
Peu après, s’approche discrètement un autre promeneur. Il s’assoit tout au bord, sort de sa poche un livre, et entre en douceur dans les pages, les lignes et les mots.
Je les laisse tranquilles, dans le parfum de mon arbre, heureux de leur offrir un temps de grâce.
Soudain surgit mon ami, le merle bleu, il va, vient et repasse. La dame ouvre des yeux étonnés, joyeux l’homme sort la tête de son livre, et sourit à l’oiseau.
Je suis si heureux de les accueillir, malgré l’usure de mes lattes vieillies. Sous mon tilleul protecteur, le temps est bienheureux, riche d’une douceur vivante.