presqu’avril
par florencebenedettigall
Ce matin la Savoyarde est blanchie, un petit vent frisquet agite mes dernières cosses; éclatées elles volent, leur intérieur d’un blanc soyeux dessinent dans l’herbe d’étranges signes, et les graines-pastilles plates d’un brun verni laissent imaginer un futur petit bois de glycines.
Soudain un bruit régulier me parvient; quelqu’un court . Est-ce possible, en ce temps d’immobilité humaine?
6 heures plus tard . le bruit se poursuit, installé :
Cours, poète, cours
dans la forêt du verbe,
respire, inspire,
avale au vol une virgule,
souffle une métaphore.
Cours, poète, cours
cours plus vite encore,
car la nuit tombe
et tu entends, derrière toi,
courir toujours plus vite,
toujours plus près,
courir, souffler et geindre
une grande ombre sans visage.
C’est Jean Joubert , l’Alphabet des ombres.
Dimanche, dans un placard j’ai retrouvé deux cosses éclatées : sourires de Glycine?
Je respire , en parisienne confinée l air de la glycine savoyarde !
Envoyé de mon iPhone
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