17 avril soif
by florencebenedettigall
Nous sommes en pleine chaleur, et surtout sécheresse. Mes grappes fleuries ne le manifestent pas, mais je sens dans mes racines dans mes tiges et les feuilles qui démarrent qu’un besoin d’eau s’installe, et je rêve de source, de filet d’eau, de ruisseau, de cascade…
La Dame des lieux aussi, et elle s’est mis hier soir à chanter , tout en arrosant les anémones du japon assoifées:
« Cascade
qu’est-ce ? C’est quoi, cascade ?
ça file, ça saute, ça chante à plusieurs voix,
ça sonne, ça re-sonne, ça résonne, ça gicle,
ça quoi ? ça qui? ça quand ? ça où ?
ça casse le silence,
ça casse l’ennui,
cascade cascade,
ça redonne l’envie,
l’envie de sauter,
l’envie de filer,
de gicler, d’éclabousser,
de jubiler, de crier,
et plus loin, de murmurer
tout doux tout doux,
à l’oreille des rochers,
en s’appuyant aux arbres,
en faisant résonner :
je cascade, tu cascades, elle cascatelle,
cascadons, escaladez,
qu’ils cacaillent, qu’elles cascadent,
Jubilons en rêvant
à travers vies et morts,
vers la mer, vers le Port. »
Et je la laisse chanter, d’une voix vieillie et à demi fausse, je pense qu’ ainsi, elle fera venir la pluie.