20 avril tout brille !

by florencebenedettigall

Ce matin, après une légère pluie nocturne, tout brille, tout brille autour de moi, et dans le grand pré : boules de graines des pissenlits, panaches roses des oseilles, et herbes folles de différents verts.

Les petits hommes, qui se disaient les maîtres de la planète, sont obligés, les uns après les autres, d’avouer leur échec: peurs, recherches, engagements, ils sont émouvants, certes, et essayent de survivre avec leurs moyens propres.

Pour nous, les végétaux, qui certes avons connu et connaîtrons de grands désastres, pour nous rien de spécial, et même je trouve que nous vivons ces temps plus brillamment que d’habitude. Est-ce parce que les bruits de l’autoroute et des trains ont disparu ? mais les chants des oiseaux et les bourdonnements des insectes en pleine activité sont plus sonores que d’habitude.

Et vive l’herbe ! un homme parle d’elle avec empathie, Jacques Réda ( L’herbe des talus ) :

L’herbe nous ressemble, elle pousse partout. Entre les pavés des capitales aussi bien que le long des talus. Et notre mémoire aussi est comme une grande prairie, où l’herbe doucement se relève sur nos sentiers.

Ainsi l’herbe nous ressemble parce qu’elle se renouvelle, tout en restant l’herbe de toujours. Elle a l’opiniâtreté de l’espérance et la profondeur de l’oubli. Le vent l’aime, il la fait courir, comme courent les mots dans nos têtes puis sur une page, quand on se laisse emporter au souffle variable des jours.

L’homme et l’herbe …forts et fragiles tous deux. Sous mon toit de grappes mauves, un nid d’herbes fraîches attend l’homme.