29 avril s’en vont les gris
by florencebenedettigall
Ce furent deux jours difficiles, mais généreux…enfin la pluie s’est emparée de notre vie.
J’en suis grisée: dans ce cratère naturel, vies et morts emmêlées, ardoise, anthracite et fer broyés en une poudre fine qui fit venir des êtres étranges, inhabituels: des chardonnerets, des tourterelles, des écureuils, des souris, et même des chats quand ce fut la nuit. Mon état de griserie m’a rendue confuse, toute empiégée dans ce nuage de nuances si fascinant .
Je ne suis pas peintre, mais si j’étais peintre, j’aurais pu avec eux m’opposer aux couleurs premières, vives, et toniques, et j’aurais tenté, sur un fond de piano discret, de fixer ces nuances . Nuances, nuées et nues, ciel changeant de nuages prometteurs.
Coup violent de lumière, un grand couperet dégage une partie du ciel, et les mille gris à demi s’éteignent, et le vent prend les commandes, et les fraîches et vives feuilles balaient mes rêveries grisées.