Mots de glycine

Mois : Mai, 2020

Ecrire

by florencebenedettigall

Laisse ta main

Ne pas avoir envie

De caresser l’espace

Et tout ce bleu

Qui le tapisse.

Elle écrit.

L’hirondelle aussi

Ecrit sur l’azur

En plus foncé.

Rien n’en reste ici

Que le désir d’écrire

De façon que l’azur

En soit changé.

C’est la solide voix de GUILLEVIC, poème: INCLUS.

fils de vie

by florencebenedettigall

Reviennent les mots chantants de Mahmoud Darwich:

« J’imagine

et il n’y a pas de mal à cela ni d’illusion :

que, d’un fil de soie, je coupe le fer,

que d’un fil de laine,

je construis les tentes du lointain

et que je leur échappe

et échappe à moi-même

car je suis …comme je suis ! « 

Mahmoud Darwich, La trace du papillon, 2009

Jeudi 28 mai

by florencebenedettigall

Les guêpiers tournoient et s’activent au dessus de La Grange Maréchal .

Fils d’argent fils d’or, le soleil ce matin faire vibrer la vaste étendue d’herbe fauchée. Comme tissage géant, ce sont des vagues d’herbes coupées en train de sécher depuis trois jours. Elles vont être retournées, et encore, et rassemblées en …mon tissage de mots est justement interrompu par le bruit énorme d’une machine qui va y travailler efficacement.

Gare à tous les oiseaux qui dans ce brassage d’herbes, cherchent à récupérer des délices ..

Avec le temps qui file

by florencebenedettigall

Tissage

Fil de soie et fil de soi

je tisse et retisse

fil d’argent, fil de vent

tu tisses et te hisses

fil de laine, fil des « j’aime »

il tisse, elle tisse aussi

fil de vie, fil d’envies

nous tissons ratissons l’air

fil en mouvement, film à broder

fil de vos rêves de mots vivants

vous tissez, oui, en écrivant

fil d’or du temps, fil retors des ans

ils et elles s’aiment, ils elles s’emmêlent

tissus de cris, tissus de rires

tout passe tout gliisse

tout file repasse

trame chaîne, veine charme

tisser le sang, tisser le temps

dessus dessous, dessous dessus

suivre le fil depuis…jusqu’à…

jusqu’à…depuis…ça vient ça passe

simple tissage, rythme des coeurs

coton et soie, battements de nos vies.

25 ou plus

by florencebenedettigall

Les jours tissent et retissent, les mots disent et redisent, les mélodies s’installent et se croisent, la vie elle même n’est elle pas un simple entrecroisement de tiges , donnant pousses et fleurs, mots et phrases, rêves et mélodies de vies, dans un hasard qui nous dépasse …25 jours tissés, un suivant se prépare, différent mais semblable, et la cadence de la lumière permet de poursuivre le travail. Trame établie , racines et structure aérienne, riche en arabesques porteuses, et se crée, s’installe à travers les feuillages la chaîne de vies possibles, qui m’enchante dans sa créativité inconsciente.

La navette parfois se fatigue, s’abandonne, s’endort mais la musique intérieure reprend et peu à peu la remet en action…ou le chant d’ autres, dans le voisinage .

N’importe quand

by florencebenedettigall

« Si petit l’insecte, si grand son silence à l’instant qu’il disparait dans le baiser de l’hirondelle. »

L’atelier des saisons, de Philippe Mathy.

23 mai

by florencebenedettigall

Dans le fouillis bruissant – de cris chants déplacements d’allers venues retours vies morts et revies et demains et ne sais et affirme et s’embrouille et rêve et réalise- , dans ce fouillis de vies,

aujourd’hui, apparition inattendue: sur une de mes branches extérieures, sans frôlement de soie, ni lumière annonciatrice … s’est posée une transparente libellule, dessinée en toute finesse, silencieuse, vibrante de ses quatre ailes…. soudain la lumière se fixa sur elle, je me sentis fixée moi aussi, en un temps précieux.

Elle ne me dit rien , et repartit d’une vibration vers le lilas.

D’où venait-elle ? de quelle mare ? du marais ? du lac ? de quel bois? que cherchait-elle ? nouvelle venue, je pense, en pleine découverte de la vie.

22 mai 2020

by florencebenedettigall

Le jeu des chiffres 22 2 2 22 2 2 22 2 2 22 2 2 22 2 2 22 2 2 ….

un deux trois quatre …. //// ….rythme installé rythme support ….des mots arrivent encore des mots

Le jour nous déborde

En pure lumière.

La vie humaine.

Vivre et mourir.

Ombre et souffle.

Coeur du monde à quatre temps.

En fa mineur.

Yeux clos.

Ces mots me viennent, rythme partagé, dans son évidence. Cadence première, pur dépouillement.

Mots de François Perche ( Wozu Dichter in dürftiger Zeit ? )

21 mai

by florencebenedettigall

Ma voisine, ma locataire a passé un long temps sous notre toit, ( nous =glycine, seringa, cytise et prunier )..elle semblait s’y installer, essayer de prendre racine, avec nous …mais je la sentais surtout à l’affût de tous les habitants ailés, qui ce matin n’arrêtaient pas, aller, venir, repartir revenir, filer, tout ça en une joyeuse agitation.

L’un me siffla: laisse-la filer avec nous, c’est l’ascension aujourd’hui, festive, légère, ouverte à tous les délires.

Je respecte, et si elle tente de filer ainsi, faire l’ascension du ciel et des nuages, je suis prête à l’aider, ou la recueillir, en cas de coup de fatigue. J’ai même un peu peur pour elle.

dix et dix cinq vingt

by florencebenedettigall

Une petite gousse miniature _deux trois cms _, toute fine, d’un vert tendre, préparant la venue de je ne sais, deux, trois, quatre, cinq graines du futur possible , et dans les feuilles généreuses tout à côté de la nouvelle venue, des restes tordus, devenus bois, deux gousses éclatées de l’année dernière, comme pour donner le sens du temps, le passé, les futurs possibles… et nous, dans ce confortable nid de feuilles nouvelles, nous ne pouvons que nous orienter dans le temps… et le compte se fait en un rythme musical évident. Rythme de vies, rythme de morts, rythme de vies, rythme premier que la petite gousse me chante, en évidence.

dix dix cinq vingt je dis je redis je sens je deviens.