2 mai

by florencebenedettigall

Dans mon travail intense végétal, me reviennent des mots anciens concernant les »fleurs épanies ». La dame des lieux me les chante, en ce temps difficile pour les pauvres humains blessés.

Présent futur passé se chevauchent en même temps

vieilles gousses éclatées, certaines portant encore une ou deux graines

pour des futurs possibles,

et grappes florales fraîches, les unes juste ouvertes

chantant leur beauté,

les autres vite desséchées et réduites par la pluie,

dans la foisonnante masse de feuillage,

présence, vibrations de l’arbre jusque dans ses racines ,

passé futur présent mêlés, riches de sens.

« Le temps s’en va , le temps s’en va, ma dame,

Le temps non, mais nous nous en allons

Et tôt serons étendus sous la lame« 

La voix de la dame poursuit ce chant de mort, ce chant de vie de Pierre de Ronsard; mes habitants soudain éveillés par un brin de soleil, se permettent un accompagnement fondu qui me réjouit.

Et de ces vies émergent trois groupes de mots, tels des floraisons recréées:

« Die Zeit, wie flüchtig

Die Welt, wie nichtig

Das Leben, wie wichtig. »