Sept mai

par florencebenedettigall

Deux mondes tellement opposés en ce temps, un désastre mondial dévoré par mille voix apeurées et conflictuelles, et en même temps, un merveilleux printemps, une fête des végétaux et de leurs habitants premiers … les deux sur nous, en nous, à travers nous.

Me sentant si fortement envahie par la force de ce début mai, je divague volontiers:

« Enfin, de même qu’Anacréon eût aimé se retrouver transformé en miroir pour être continuellement regardé par celle qu’il aimait, ou en vêtement pour la couvrir, en onguent pour la frictionner, en eau pour la baigner, en bandelette pour serrer son sein, en perle qu’elle porterait à son cou, en escarpin que, du moins, elle presserait de son pied, de même j’aimerais, pour quelque temps, me transformer en oiseau pour éprouver le contentement et la joie qu’ils ont de vivre. »

Ainsi le grand Leopardi conclut-il son beau texte: Eloge des oiseaux.

Et heureuse tout à l’heure d’avoir retrouvé, pleins d’énergie, les guêpiers de la falaise, en pleine activité vitale, traçant cerces et cercles au-dessus des jardins et des prés. Arrivés tard cette année, je m’inquiétais pour eux, me voilà rassurée.