Mon voisin déborde de fleurs, de pousses, de guirlandes comme pour faire des couronnes de mariée, des guirlandes de fête du printemps, il n’arrête pas d’ouvrir tous ces yeux, de faire sourires et sourires, et de crier : je suis le Seringat, je suis le Seringat !
Moi je me cache dans ma création importante de feuillages, et j’avance des tiges en tous sens, je m’accroche ici et là, j’essaie d’occuper le balcon attirant, et même de de me glisser par une baie ouverte à l’intérieur d’un espace fermé. Ce travail me plait, je me sens vivante et importante en ce monde mi-libre mi-discipliné. Aprés la période délicate de créations des grappes florales, aujourd’ hui asséchées et cachées dans le fouillis de mes feuilles, j’aime me laisser aller à la réalisation de ces volumes feuillus, et de ses pousses fines et déterminées.
Le temps pour nous se déroule normalement. Mes voisins humains semblent pris dans un scénario étrange, curieusement, ils continuent tous les soirs de se rassembler tout prés de mon lieu, et de faire pendant dix minutes un tintamarre joyeux de cloches, casseroles et tam tam.
Etrange pour moi, qui aime tant le calme de chaque soir.
Mais ils sont souriants.