Mots de glycine

Mois : juin, 2020

4.6.20

by florencebenedettigall

Et Guillevic revient, me conseillant , moi et les mots:

« En somme,

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Les chemins, les maisons, tout cela

Que tu vois dands la plaine

Et que tu voudrais prendre.

Il faut les laisser faire,

Par eux se laisser faire,

Ne pas les bousculer, les contrarier,

Mais les apprivoiser en se faisant

Soi-même apprivoiser,

Les laisser parler, mais,

Sans qu’ils se méfient,

Leur faire dire plus qu’ils ne veulent,

Qu’ils ne savent

De façon à recueillir le plus possible

De vieille sève en eux,

De ce que l’usage du temps

A glissé en eux du concret

Guillevic, Inclus, poème.

Merci, si simples ces mots, si évident leur usage, si sure leur vie généreuse.

Tant de SI (suite)

by florencebenedettigall

« Dame Sirène, mi-songe mi-sculpture

fantasme en courbes ondulantes

dès que le temps devient bloc pesant,

et, derrière elle, en pleines ondes,

le sillage fascinant d’un voyage prochain;

peu à peu les sifflements les si vivants sons

de mouvance

avec légèreté s’y installlent

peu à peu s’effacent les angles les contrastes

peu à peu en si mineur

s’estompent les mouvements

et s’y glisse une plane douceur de vie

vers le si dense

vers le silence

alors

y chante

la

vie.

merci. »

2. 6. 2020

by florencebenedettigall

Moi, la Glycine, en plein travail de saison, dans le développement déterminé, je laisse aussi glisser les « SI… » sinon la vie ne serait que déroulement prévu et réalisé … Non, le son Si que je porte en moi, CI , revient toujours .

« Tant de Si viennent chaque jour

nuancer le réel brutal

en glissant des possibles …

aujourd’hui

plusieurs errant dans la mélodie

s’y insèrent en douceur … »

je laisse tout ouvert, l’air, les animaux, les évènements peut-être s’y aventureront … car rien n’est d’avance dessiné, de la trajectoire de mes branches, de leur volume, et de leurs actions . Si…