Mots de glycine

Mois : juillet, 2020

Spirales

by florencebenedettigall

le plaisir de la main qui sur une surface se laisse porter par le mouvement circulaire sans fin ….le plaisir des yeux de suivre le dessin respirant l’espace en un souffle premier … le plaisir de l’esprit suivant le mouvement premier d’ouverture de découverte de construction…ou celui de la feuille qui détachée de l’arbre par sécheresse descend en un tournoiement de beautés.

Et Rilke qui revient, lors d’un de ces mouvements instinctifs, me chantonner :

Je vis ma vie en cercles

De plus en plus larges

Qui passent sur les choses

Peut-être n’achèverai-je pas le dernier

Mais je veux le risquer.

28 juillet 2020

by florencebenedettigall

Je relis avec bonheur les mots d’Andrée Chedid, tirés de l’Etoffe de l’univers :

PAGE APRES PAGE

Page après page

Je me feuillette

En marge

De ma propre vie

De l’autre côté

De mes miroirs

Page après page

Je me raconte

Pour tisser

D’autres rêveries

Page après page

Je m’effeuillette

Ligne après ligne

Jusqu’à me dénuder

Je dors sous une tonnelle

Je regarde le temps passer.

23 juillet

by florencebenedettigall

Offrir mon ombre, la densifier, l’éventer, la faire vibrer de souffles légers et variés, y abriter les vies secrètes et les désirs de vie, et donner juste l’envie de la rivière, de la cascade, de la fraîcheur nocturne de l’eau.

Ombre, tu nous combles, et mes tiges et feuilles s’y reposent dans le silence et sa fraîcheur.

20 juillet 2020

by florencebenedettigall

Plein travail de refloraison… je m’y applique et me réjouis de créer cette deuxième série de grappes florales.

Quel sens ? à part le plaisir de refaire dans le désordre touffu du feuillage, un rappel de ces fleurs , premières sorties, à nu, au début du printemps.

Comme une mélodie, chantée en premier par trois voix d’enfants, reprise plus tard par un choeur riche et vivant, d’où ressortent, pures et légères, les premières harmonies.

Et, comme un accord de base nécessaire, les gousses vertes , et les anciennes brunes, tordues et desséchées, chantent leurs accords verticaux.Y aura-t-il une nouvelle série de gousses, renfermant de nouvelles graines ?

Et nous, humains, tirant nos images de réalités liées à la mort, arrivons nous à nous lancer en de nouvelles actions de vie ? l’oeuvre d’art est-elle semblable tentative ? signes de morts, signes de vie ?

17 7 2020

by florencebenedettigall

« Il fait métier d’écrire

Il n’est pas à tisser

Sa toile d’araignée,

De façon

A se régaler bientôt

de ses victimes.

Il ne veut rien

Pour lui tout seul

Que la joyeuse

Difficulté d’écrire

ces mots qu’il ne peut pas

Ne pas écrire

de la seule façon

Qui le délivre . « 

Un petit bout de ce long poème Inclus, de Guillevic. Ce texte limpide et plein, plein d’une intense évidence, sur l’écriture, me tient, me nourrit, et en donner une bribe est à la fois enrichissant et frustrant.

15 juillet

by florencebenedettigall

je lis je relie

je crie j’écris

je glisse je glycine

et je signe

13 juillet

by florencebenedettigall

La sécheresse s’installe . Fouillis de mes branches, certaines ont été amputées car envahissantes, capables de dominer tout l’espace , d’étouffer d’autres vies en développement. Et de cet embrouillamini insensé, je me permets de lancer une, puis une autre en face, puis une troisième grappe fleur de la seconde vague. Fines, élancées, délicates, elles continuent à entretenir ce mythe qui est mien; glycine: plante élégante, fine, délicate, alors que je suis surtout la plante de la vitalité la plus dominante .

J’étale mes gousses de la saison, au milieu desquelles pendent encore quelques restes de la saison dernière. La vie tourne, s’en va, se refabrique, revient, repart en perspectives futures sans qu’il y ait temps fini, temps nouveau, le temps s’étire , se poursuit, se refait, la vie entraine la vie, et chaque mot en entraine un autre.

12 juillet

by florencebenedettigall

Il y eut tant de coups de sécateurs, de coups de taille, d’allègement, de coups de « ça suffit », de coups de « allez, repars , rebiolle », de coups de « continue, refleuris, refrémis, resouris, vis » …

J’entends mes vieilles branches reprendre le jeu :

« 

Jouer

avec les mots

avec les couleurs

avec les notes de vie

jouer

avec les souffles

avec les silences

avec les vents

jouer

avec les fils de vie

avec les noeuds

avec les rêves

jouer

avec les vieux liens

avec les perspectives ouvertes

avec les inconnues

jouer

oui

jouer, enfants que nous sommes

avec la peur de mourir

avec la peur de vivre

je lance mes dés;

Jou… é !!! « 

1° juillet solaire

by florencebenedettigall

Eve a peur:

elle se sent si légère, si fragile, si poreuse,

elle aurait tellement envie de s’alléger encore, de s’évader, de se dissoudre dans l’air …

« Si je pouvais, se dit-elle, si je pouvais rendre mon corps plus souple, plus fluide, plus léger,

apte à se mêler à l’air du temps, atmosphère atmosphère, à la vapeur de vivre,

sans réserve et sans peur,

devenir simple et infime gouttelette invisible qui dis pa raî trait d’elle même

dans l’arc en ciel du futur … »

s’évaporer ainsi …

Eve en rêve,

rêve en elle,

ailes d’air.