Mots de glycine

Mois : septembre, 2020

Dix huit

by florencebenedettigall

Le compte des jours est irrégulier, et si peu coforme au temps habituel …

Il y eut des rêves de sable, en voici un :

Sable

Voir se dissoudre les pierres de douleur

aux crêtes tranchantes, aux angles violents.

Que le vent, l’eau, le désir fou les charrient, les bousculent, les fracassent,

et que peu à peu, dans la patience du temps, elles se désagrègent, et engendrent

une poussière régulière, de plus en plus fine.

Du roc viendra le sable.

Attendre et,

les yeux fermés, tenter de récolter une poignée de blancheur

et d’or,

la faire glisser alors entre les doigts ouverts

dans la folle passoire

des rêves

de vie

et d’outre

vie.

le 13° du mois

by florencebenedettigall

Je reprends le dessus.

Absolument pas desséchée, ni souffrante, je poursuis mon été en feuillage généreux. Les deuxièmes fleurs se sont fanées depuis déjà un mois. S’installe, régulière, comme notes de musique, la verticalité des gousses issues de la floraison, en un vert doux et tendre de vie.

Oui, régulières, verticales, elles dessinent un futur caché, préparant graines à venir et monde en formation.

Je me cache dans ce travail naturel, je chante la présence.

Même si mes mots eux sont juste instants présents.

Le neuf de sept

by florencebenedettigall

L’une l’autre

L’une fascine

ensorcelle, son éclamystérieux fait s’effacer

sommeil vision claire

et même la raison,

en une froideur dominante

l’autre la même

discrète adoucit

éclaire embellit rassure

et raconte en son voyage

la lente disparition

et la renaissance du futur

double intouchable

ta trajectoire

en folle beauté

jour et nuit m’accompagne

et double étrangement

le sentiment de vivre

ici, et ailleurs.

Lune l’autre.

le huit de sept

by florencebenedettigall

Nous avons laissé s’écrire de petits textes, à partir de mots trésors.

Et aujourd’hui, dégustant le petit livre merveilleux de Laurent Albarracin, je rencontre la lune qui nous avait attirées :

Il y a un vélo

dans la lune

regardez

il perd ses rayons

Il y a un vélo

dans le vélo

voyez-le

comme il pédale

Il y a la lune

aussi dans un vélo

sa roue

libre

Et la lune

dans la lune

comme elle

disparaît

Laurent Albarracin L’herbier lunatique Rougerie.

Bonheur de filer dans ces pages-merveilles. Avec Pierres, Eau, Oiseau et autres souffles de vie.

le 6 de sept

by florencebenedettigall

Peut-être que les hommes ne sont pas beaucoup plus

que des petits singes

ou des coquillages béants,

ou des girafes minuscules

(quand on jette un regard depuis les astres ).

Ou même pas grand chose de plus

que des tulipes

ou des cailloux.

Ils ne sont presque rien dans l’univers immense,

mais cet à peu prés rien

écoute les oiseaux.

Lucien Noullez

(Tout peut commencer à trembler, éditions de Corlevour, 2020 )