Mots de glycine

Mois : novembre, 2020

30 novembre

by florencebenedettigall

Je tiens solidement mes gousses suspendues, très fins fils verticaux, libérés des feuilles envolées.

Chacune, coffret précieux, tient retient contient une deux ou trois pastilles .

Le brun gris mauve velours de l’écorce dit la solidité et la douceur,

le mystère et l’évidence, la présence et le futur.

Pastilles de vie bien gardées en attente. Un temps immobile passera. Un blanc silence.

Plus tard je serai là, moi la glycine, dans mon travail de fabrication, et

par un soleil bien installé explosera la vie.

En un éclat violent, chaque pastille libérée pourra en terre printanière

se mettre à chanter :

La vie.

26 novembre

by florencebenedettigall

Outremer outreciel

le pinceau ose

outretemps outrecycles

la musique se risque

essaie de briser en toute légèreté

les rythmes habituels de la respiration

des plantes et des hommes.

Je la guette

je m’apprête à disparaître

dans ce froid hivernal

étoilé.

Mes graines résisteront.

25 novembre

by florencebenedettigall

al-

légée

presque nue

juste quelques bribes mobiles

à vif dans le vide éclatant

à vif dans la lumière du vent

telle un cri

de vie

j’ entame un chant d’attente

riche en forêts

d’outremers

moi la glycine.

23 novembre

by florencebenedettigall

Mes mains d’or

grand’ouvertes

au vent

au soleil

presque détachées

légères dentelles

n’ont plus rien à saisir

Mais verticales du temps

fidèles

mes suspensions de velours

installent une musique

dépouillée

pour un futur.

Deux corbeaux traversent la page.

l

Vers

by florencebenedettigall

Les presque dernières

ailes d’or

ailes d’air

eldorado

je m’endors et

j’adhère légère

je vibre vive

je dépose quelques mots

ivres

mi-morts

dorés sur le sol

pour un somme

vers un autre temps.

Mouvements

by florencebenedettigall

Le bourdon est repassé, affolé dans le soleil du matin,

puis s’est levé un vent, comme porteur de lumière et d’or , qui tourbillonne et fait voler les unes et les autres, dernières mains de ce temps de passage. souffles et cris silencieux, tourbillons de départs, dans une légèreté libérée.

S’affirment les structures premières, prêtes à toutes les attentes.

Et moi je tiens, enracinée et patiente.

Ailes d’or

by florencebenedettigall

Elle

dentelle d’or

glisse et sourit,

et vibrent en elle

les souffles de vies

effacées

détachées,

et elle

dentelle d’or

signe

de ses racines

un souffle doux,

et dans le soleil

s’endort.

mots dorés ?

by florencebenedettigall

dorés mordorés dédorés redorés … d’où vient l’or, j’en cherche l’origine, pour mes feuilles en pleine transformation, rien de métallique, matière en pleine auto-perdition avec plaisir, oui, il est temps, il est temps d’accepter que bribe par bribe, mot par mot , le temps passant en toute normalité, avec les pertes, les départs, les absences . et leurs reflets.

Les mots dorment, les mots dorés, les mots juste lumineux, les mots reflétant la lumière, les mots échos de vie, écrits, chantés, murmurés, dans le fouillis des branches mi-dépouillées, les mots qui respirent, avec les autres vivants… oui , les mots qui glissent dans la lumière de ce matin de novembre. comme une chanson tout juste retrouvée dans la respiration.

mots qui s’effacent

simple reflet

fragile

vain.

Le lendemain

by florencebenedettigall

eh oui, la vie continue,

et hier après la pose de mes mots s’est fait entendre par les airs un bourdonnement d’une présence étonnante, il venait de loin, de très loin, de Russie, des Ardennes, et il s’est mis à s’affirmer sans silence sans temps mort, et je ne peux essayer de l’imiter, je laisse aux musiciens le travail … Rimski Korsakof … et je le laisse poursuivre son dernier voyage, car lui, comme moi, va bientôt devoir se mettre au repos en attente . Le vol du bourdon. Il semblait annoncer un temps , ou peut-être un changement,

Quant à moi, j’attends le soleil du jour sur mon feuillage fatigué, pour crier la vie, l’espoir, le futur. Je tiens à resplendir et éclairer mon petit coin du monde.

Le sept

by florencebenedettigall

Le sept, mon chiffre préféré, le huit tourne à n’en plus finir, et du coup ressemble au zéro, le six s’ouvre mais reste en attente, le Sept est construction, avec oblique et horizontales équilibrées. Le chiffre qui s’affirme ….je m’amuse juste à dessiner et rêvasser .

La lumière ce matin tamisée arrive et m’emplit généreusement. Dans la masse légère se détachent, comme des notes sur une partition, noires et croches généreuses et, même si maintenant m’ont quittée mouches guêpes et dernières abeilles, j’entends comme un murmure léger emplir mon espace , et ces gousses suspendues , de longueur diverse selon qu’elles conservent une, deux, ou trois graines du futur , m’emplissent de vibrations vitales.

Emplir emplir emplir je n’ai que ce mot, alors que le temps naturel, et le temps humain ne sont que perdition, vide, et peur du néant.

Le sept tient bon.