Mots de glycine

Mois : janvier, 2021

A travers

by florencebenedettigall

à travers le couvercle installé depuis plusieurs jours se devine une lointaine lueur

et je crois entendre le frémissement, l’envie de vivre, de respirer, de danser peut-être.

Et pourtant nul oiseau ne me rejoint encore.

Et vlan

by florencebenedettigall

D’un coup, mille coups dans le tableau bloqué

d’un coup mille coups et courent les couleurs les courants les vents

les formes les volutes volant en haut en bas en nuages

en giclées en nappes en vrac en vlan

en élan en fleuves sombres déversés

en trouées béantes laissant s’installer les bleus légers les blancs

juste un instant puis courir puis disparaître

effacés sauvagement par le courant

du temps.

Quelque temps en arrêt

les mésanges s’agitent soudain

dans le seringa.

Et moi je respire.

Installé,

by florencebenedettigall

le gris immobile a détruit, alors qu’habituellemnt il les chante, toutes les couleurs de vie.

Le gris immobile me rend muette, inerte, sans vibration.

Depuis des heures installé, il a bloqué tout dessin, toute musique, éteint toute étincelle, effacé tout courant d’eau.

Aucun oiseau ne se manifeste, j’espère que ce n’est qu’attente, préparation, d’un futur lumineux.

Temps inerte temps refermé .

Gris immobile

by florencebenedettigall

Suspension immobile

la nuit le temps bloquent toute vibration

depuis des heures

Soudain malgré l’opacité et le silence

un infime balancement sort de moi

respire danse

danse respire

et je sens et je chante et je vibre

heureuse, moi la glycine,

de ne pas m’être figée de force.

Soudain malgré l’opacité le silence

un oiseau passe

le long de mon existence

vers l’ouest

et je continue moi, à respirer à danser

et je suis l’oiseau

vers l’ Ailleurs.

Alors les falaises de la Chartreuse accueillent en leur sommet

la lumière.

21 01 21

by florencebenedettigall

Et l’on pourrait continuer la chanson des chiffres, dans le rythme régulier des comptes, et la restriction des possibles, deux, un, zéro, un deux un et ça recommence …

J’ai entendu cette nuit un rythme de pas, quelqu’un s’en allait, déterminé, régulier, que je ne voyais pas,

juste le rythme du départ, juste l’effacement dans la nuit, l’obscur absorbait sa musique, et moi cachée dans mes embrouillés dessins, je comptais,

je comptais, et de ce rythme naissait, je le ressens, le film d’une autre vie déroulée.

Au réveil :  » Etait ce la mienne ? « 

Matin

by florencebenedettigall

Tu vois le matin

un ouest empli de broussailles d’or et de roses

tu décides de filer

de te glisser par dessus l’hiver immobile

de sinuoser arbres et prés

de t’installer

face au soleil ouvert

et t’endormir

dans la musique

d’autre vie.

Alors tu fermes les yeux

autre présence

autre souffle.

Présents

by florencebenedettigall

Ils vont viennent cherchent filent repartent reviennent et s’il y a trésor, s’en régalent … c’est normal, et refilent retissent avec moi une étrange conversation … c’est moi qui l’écris, eux n’en ont nul souci … il s’agit juste de vivre.

Me reviennent les évidences écrites par Laurent Albarracin ( L’herbier lunatique ) :

« Les arbres se dressent

comme un vestiaire

offert à l’oiseau

qui les essaie l’un après l’autre

et les distingue

de sa feuille universelle

Déchirante

est la troisième aile

de l’oiseau, celle

qu’il déploie quand il chante

et qu’il glisse dans le registre

des doléances « 

Et le chant, le vol, le lien se poursuivent, dans un pur bonheur des mots.

De passage

by florencebenedettigall

Installée dans le rythme du temps, avec ce matin un grand soleil et le froid, je ne suis que témoin des passages.

Et elle revient souvent, cette dame que je connais de loin:

 » PASSAGE

Ne vous méprenez pas

Je ne suis que de passage

Un être fictif sur un trajet

Sans itinéraire

Je pousse des portes

Qui s’ouvrent

Sur la vie

Et d’autres portes

Qui mènent je ne sais où. »

Andrée Chedid. L’ Etoffe de l’univers.

tout s’efface

by florencebenedettigall

Couleurs et formes

lettres et espaces

murmures et silences

tout se mêle

pris en un mouvement de haut en bas

régulier silencieux dominant

il ne reste qu’à se défaire se déconstruire

effacer les couleurs les détails

et se glisser en cette respiration régulière décolorée

la vie s’est mise à se dissoudre

et moi, la Glycine, je glisse et signe sur la neige.

Le deuxième

by florencebenedettigall

Nous avons glissé nous glissons

vers d’autres signes d’autres chiffres

et neiges et rêves

pluies et finesse

souffle du temps

installent les futurs peut-être

Juste un doux frisson du temps

car quelques soient les mouvements

le temps suspend son souffle

Dans mon treillis de branches dormantes

bavardages de vie

s’agitent mes oiseaux présents.

Et

nous glissons dans le ciel gris

ensemble.