Et puis
by florencebenedettigall
Et puis ils reprirent leur souffle, et moi aussi, pour vivre la suite :
» Ils pénétrèrent
dans la quatrième vallée.
Tout aussitôt,
ils survolèrent une eau
qui ressemblait à une prairie.
Ils se crurent perdus, ils s’avançaient à l’aveuglette.
Ils comprirent que tous les pays ont une brume,
dans laquelle ils s’égarent parfois.
Même les hommes leur apparaissaient à demi effacés,
comme si l’air les mangeait en partie.
La netteté des choses et des êtres leur échappait.
Ils ne pouvaient pas faire la différence entre le haut et le bas.
Ils surent alors qu’ils étaient entrés
dans la vallée de l’unité,
là où les dissemblables se rejoignent,
là où les substances se confondent.
Ils voulurent s’arrêter un moment,
car ils se sentaient hors de danger,
mais une voix leur cria :
» Ne t’arrête pas !
Si une chose t’arrête,
elle devient ton idole !
Ils reprirent leur vol.
Mais certains commençaient à perdre jusqu’à l’acuité de leur vision. «