On voit
par florencebenedettigall
Il revient me trouver, Philippe Jaccottet, avec ses Pensées sous les nuages :
« Derrière la fenêtre dont on a blanchi le cadre
(contre les mouches, contre les fantômes),
une tête chenue de vieil homme se penche
sur une lettre, ou les nouvelles du pays.
Le lierre sombre croît contre le mur.
Gardez le, lierre et chaux, du vent de l’aube,
des nuits trop longues et de l’autre éternelle. »
Et un bruit fluide m’attire:
« Quelqu’un tisse de l’eau (avec des motifs d’arbres
en filigrane). Mais j’ai beau regarder,
je ne vois pas la tisserande,
ni ses mains même qu’on voudrait toucher.
Quand toute la chambre, le métier, la toile
se sont évaporés,
on devrait discerner des pas dans la terre humide. »
Restent pour nous des mots, reflets fugitifs de ces temps de vie.