Couleur de terre

by florencebenedettigall

Le petit livre merveille d’ Anne Marie et Philippe Jaccottet revient sur mon chemin :

 » Chemins, taches rousses des sédums, lianes des clématites sauvages, chaleur du soleil couchant.

(Noté d’abord cela, pour ne pas oublier l’intensité singulière de ces instants.)

Ces taches rousses sur les rochers _ comme on parle de la lune rousse _, comme des morceaux de toison, de la toison du soleil couchant; et puis ce lien entre chemins et chaleur, une chaleur émanée du sol; et le chemin, une sente plutôt qu’un chemin, « la sente étroite du Bout du Monde », mais justement pas du Bout du Monde: d’ici, de tout près, sous les pas. (Non dans un livre.) Tendre trace silencieuse laissée par tous ceux qui ont marché là, depuis très longtemps, trace des vies et des pensées qui sont passées là, nombreuses, diverses, traces des bergers et des chasseurs d’abord – et il n’y a pas si longtemps encore -, puis de simples promeneurs, d’enfants, de rêveurs, de botanistes, d’amoureux peut-être Le temps humain qui inscrit ses lignes souples dans le sol. « 

C’est le début de  » Couleur de terre « , et je reprendrai ce chemin avec émotion.