Nuages

by florencebenedettigall

je retrouve ce matin le livre de Philippe Jaccottet « Nuages » accompagné de dessins d’Alexandre Hollan.

L’un et l’autre me font filer dans le ciel avec ces traits formes mouvements absolument libres.

Je n’oublie pas tout de même que c’étaient des choses plus ou moins grises, plus ou moins sombres, et qui cachent le soleil; des choses qu’on serait tenté plutôt, certains jours, de comparer, déchirées comme elles le sont, à des loques, à des haillons mouillés; et que la pensée ne les associe pas, naturellement, au bonheur. Il y avait simplement, ce jour-là – et il en était ainsi durant tout l’été, pour moi _, que leur apparition inattendue, véhémente, sauvage, m’avait exalté par sa seule intensité, son relief, sa force de réalité, avant toute chose.

Le merveilleux texte de Jaccottet rejoint ensuite le chemin de Thoreau sur l’énigme de la réalité.

Nuages, réalités, rêves, rêves de réalités, monde réel et fictif en mouvement constant, et pour qui s’y transportent objets complètement mouvants et complètement furtifs. Comme quelques lettres absorbées par le ciel, qui chanteraient des syllabes et des mots fluides …