Mots de glycine

Mois : juillet, 2021

Au lieu de

by florencebenedettigall

au lieu de laisser pousser courir frénétiquement en guirlandes virevoltantes, en chansons et rengaines enveloppantes, au lieu d ‘encourager ces pousses vigoureuses et les inviter à faire de leur travail une royale véranda de délices, au lieu de se laisser en libre plaisir envahir par mots et images, avancer dans un presque silence de gestation future, et se poser intérieurement dans un accord premier.

IIl résonne de très loin et gagne mes profondeurs.

en chemin

by florencebenedettigall

Envie de prendre un chemin, sans autre chose en tête que le chemin…

« Ces taches rousses sur les rochers _ comme on parle de la lune rousse _, comme des morceaux de toison, de la toison du soleil couchant ; et puis ce lien entre chemins et chaleur, une chaleur émanée du sol ; et le chemin, une sente plutôt qu’un chemin, « la sente étroite du Bout du Monde », mais justement pas du bout du Monde : d’ici, de tout prés, sous les pas. (Non dans un livre. )Tendre trace silencieuse laissée par tous ceux qui ont marché là, depuis trés longtemps, trace des vies et des pensées qui sont passées là, nombreuses, diverses, traces de bergers et de chasseurs d’abord _ et il n’y a pas si longtemps encore _, puis de simples promeneurs, d’enfants, de rêveurs, de botanistes, d’amoureux peut-être  » Le temps humain qui inscrit ses lignes souples dans le sol. »

Je suis avec aisance et facilité ce chemin de la simplicité, inscrit dans  » Couleur de terre  » par Philippe Jaccottet, et le remercie de ce tracé partagé.

et les mots

by florencebenedettigall

le mois de juillet avec chaleurs, pluies, rafraîchissements, orages, et une étrange folie inhabituelle, et une croissance irrégulière, et des envahissements de tiges et de mots, et des repousses de phrases, et l’habituelle seconde floraison dans un monde en désordre. Tout s’embrouille, les rythmes se mêlent, les tourbillons de mouvements, les fleurs toutes en longueur se glissent dans les accumulations de phrases inutiles, juste sorties par désir d’exister, sans la moindre volonté de construction, s’entortillant autour des barreaux du balcon premier.

Que se passe-il en ce temps étrange ? est-ce seulement un trop plein désordonné, ou une démence qui désire s’installer ?

Sous ma solide construction s’ébouriffent, se mêlent, se caressent herbes et rejets en un désordre inhabituel. Je le redis.

Le monde en mon lieu tranquille vit-il un simple passage, ou une nouvelle forme de la Vie ?